Essayez le théatre en plein air!

Il serait honteux de ne pas profiter à fond de la météo magique qui semble avoir pris ses quartiers d’été sur Londres et donc inconsidéré de rater cette occasion d’aller à l’Open Air Theatre. D’habitude, j’ai jusqu’au dernier moment un doute sur les conditions dans lesquelles nous allons profiter de notre soirée annuelle dans ce théâtre situé au cœur du jardin botanique de Regent’s Park. Mais hier soir, il n’y avait aucune ombre au tableau et nous n’avons embarqué pulls et couvertures polaires que parce que je suis trèèèèèèèèèèèès frileuse, et que je considère toute température inférieure au seuil fatidique des 25°C comme hivernale (que fais-je donc faire à Londres ? objecterez-vous à juste titre). D’un point de vue météorologique, cette année fut probablement la meilleure édition en 4 ans ; un soleil majestueux qui, au milieu d’un ciel uniformément bleu, avait eu l’ingénieuse idée de réchauffer la ville pendant toute la journée, et les précédentes aussi par la même occasion.

image_5

image_1

Un contretemps malheureux, regrettable et taxé d’évitable par Chéri a pourtant bien failli ruiner cette édition 2013 à l’Open Air Theatre. Dans mon habituel état d’inattention, de rêverie, d’insouciance (je vous laisse choisir le terme qui vous semble le plus approprié ou en ajouter si ça ne suffit pas) j’ai posé les places quelque part au moment de commander un verre au comptoir et les y ai laissées. C’est une situation embarrassante lorsque vous êtes seul mais c’est bien pire lorsque Chéri vous accompagne, lui d’ordinaire impassible et si patient, montre des signes ostensibles d’agacement qu’il n’avait jusqu’alors jamais exprimés.

image_2

Bien qu’accoutumé à mes forfaits, j’ai senti que, cette fois, on frôlait la catastrophe, l’incident diplomatique, peut-être même le très fameux et tant redouté « Oh Moment » (voir en NB pour la définition et la référence). Dans ce genre de situation, j’ai la chance de parfois trouver des ressources insoupçonnées ce qui revient à : prendre sur moi, ravaler ma fierté et courir vers le barmaid, qui évidemment n’avait pas suivi nos tickets à la trace – contrairement à ce que j’aurais dû faire moi-même –, et lui expliquer avec moult courbettes et expressions de désolation, que je ne savais pas quoi faire pour retrouver les fameux sésames. Ce fut grâce à feu Steve Jobs et son formidable smartphone que nous fûmes saufs : le barmaid me suggéra que nos places se trouvaient fort probablement en lieu sûr dans un email. Eurêka !

J’ai passé une excellente soirée à siroter un Aspall Cider en grignotant les Curly’s dont nous faisons une importation massive, sponsorisés que nous sommes par la maman de Chéri et la mienne. Evidemment, je n’ai pas échappé au regard noir de Chéri ni à la leçon de moral qui a suivi le spectacle.

image_6

Oublions cette mésaventure et parlons un peu du spectacle. Une nombreuse et talentueuse troupe d’acteurs jouaient Pride and Prejudice de Jane Austen, adapté pour le théâtre.

La pièce commence par cette phrase « It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife ». (Il est une vérité populaire qui veut qu’un jeune homme fortuné se doit d’être à la recherche d’une épouse.)

Le décor est ainsi rapidement planté, vous voilà plongé pendant 2 heures au cœur des manigances maternelles, des petits complots familiaux sur fond d’appartenance sociale, de fortune, de richesse. Le débat du mariage d’amour contre le mariage de fortune ou de raison est ouvert, vous revoici au temps du déshonneur et des grandes trahisons, des rentiers, des clercs austères et d’une bourgeoisie disparue. L’interprétation est fidèle, de bonne qualité, sans être exceptionnelle.

image

Finalement, quel que soit le spectacle auquel nous sommes venus assister c’est l’expérience de l’endroit lui-même qui me plaît le plus, les guirlandes qui s’illuminent dans le décor qui entoure le théâtre, les gradins en forme d’arène au milieu des arbres, le bruit du vent dans les feuilles et les branches, les rires qui ne résonnent pas mais s’échappent discrètement, avoir la tête au bord des étoiles, assister à la tombée du jour, percevoir sur la scène les moindres changements du crépuscule, avoir un peu froid mais se blottir dans une couverture polaire et les bras de Chéri puis aller se réchauffer au bar à l’entracte.

image_3

image_4

NB : Le « Oh moment » vient de la série How I Met Your Mother, et évoque cet instant un peu particulier dans une relation amoureuse où vous réalisez que ça ne va pas marcher, LE truc rédhibitoire qui vous séparera à jamais (Germain souffle dans son verre quand il boit, Gaston dort avec un bonnet de nuit, Charles-Henri porte des slips kangourous motif léopard, l’unique référence culturelle de Robert est Oui-Oui…).

Publicités

Gordon’s Wine and Cheese Bar

Si vous cherchez un endroit original, sympa et où il est possible boire un bon vin sans se ruiner tout en savourant une assiette de fromages suffisamment conséquente pour rassasier un troupeau d’éléphant, le Gordon’s est l’endroit qui devrait vous satisfaire. Ce lieu est fantastique et insoupçonnable, bien que l’on puisse en douter de prime abord. La façade est passablement décrépie, et la grille qui protège une des fenêtres ne fait qu’ajouter à l’impression hostile qui se dégage du lieu au premier abord.

P1050628

P1050627

Donc il faut s’aventurer un peu et oser s’engager dans le court escalier qui mène à la ruelle où sont installées d’innombrables tables, chaises et « parasols » servant d’abri aux clients qui refluent du bar. Eté comme hiver ce lieu déborde de londoniens sagement grisés par l’alcool, venus célébrer qui un anniversaire, qui une promotion, qui peu de choses outre le plaisir de partager un moment dans ce lieu un peu particulier et hors norme.

P1050630

Le service est effectué à l’intérieur, vous trouverez à droite près de l’entrée le côté traiteur, qui offre une quantité raisonnable de fromage de provenance française, anglaise, italienne, quelques charcuteries, terrines et tourtes britanniques et plus loin en face, le bar à vin dont la carte est généreuse, les vins classés par force, comprenez « en fonction du temps qu’il faudra pour vous remettre du mal de tête le lendemain », les provenances multiples et sélectionnées avec goût et sans prétention.

P1050632

Une fois votre commande effectuée, il est temps de continuer à explorer ce lieu surprenant à plus d’un titre. Les tables sont réparties sous les voutes de cette cave de sorte qu’il soit presque impossible de circuler,  tout le monde ou presque est debout, s’acharnant à combler les rares espaces libres restants.

P1050633

On y va de temps en temps avec des copines pour papoter, refaire le monde en picorant des bouts de chèvres, brie ou bleu et sirotant un petit côte du Rhône digne de ce nom, ce qui est remarquablement rare dans cette ville.

P1050636

Gordon’s Cheese and Wine – 47 Villiers Street, London WC2N 6NE (Lundi au samedi de 11h00 – 23h00 et dimanche midi – 22h00)