Farewell London

Depuis ce matin je tape quelques phrases, j’efface. Et ainsi de suite sans fin. Comment exprimer ce qu’on ressent quand on s’en va ?

Ce sont les tous derniers moments. Après avoir quasiment campé pendant une semaine dans l’appartement, Gaston et moi avons rangé les rares objets qui traînaient encore après le passage des déménageurs, puis nous sommes sortis nous promener le long du canal, avons déjeuné au Camden Market. Et il était déjà temps de se rendre à la gare pour y accompagner Gaston.

Pour me faire plaisir et détendre un peu l’ambiance lourde, il avait prévu de m’inviter prendre un thé chez Fortnum and Mason, dans le corner qui a ouvert en novembre ; ses parents l’ont fait, et ça faisait un moment que j’en rêvais. Fortnum and Mason a une réputation très bourgeoise qui n’est plus à faire, mais n’en a pas moins de multiples facettes magiques. J’aime cette élégance feutrée, la vaisselle du thé, en argent, qui brille de mille feux, j’aime regarder les serveurs prévenants servir le thé selon un protocole bien rodé, me balader entre les rayons de biscuits de toutes les couleurs, les montagnes de boîtes de thé, et les hampers, ces paniers en osier prêts à être emportés pour un pique-nique à Hampstead Heath.

Le thé est délicieux et fin. Un mélange de thés noirs, le Saint Pancras, a même été créé à l’occasion de l’ouverture de la filiale. Et bien sûr, Gaston a pris un scone. A ma (très) grande surprise, F & M offre aussi à ses clients des scones sans gluten. Moi qui m’apprêtais à regarder Gaston fait un sort à son scone sans partager, j’ai eu la chance d’en avoir deux juste pour moi !

Depuis, chaque pas que je fais dans Londres résonne comme le « dernier ». Le dernier shopping chez Marks and Spencer et Boots, les dernières balades dans les rues de Shoreditch, le dernier curry du deli counter de Waitrose, le dernier text envoyé de mon numéro anglais, probablement une des dernières fois où je vais rêver dans une autre langue que ma langue maternelle… J’en passe, la liste est infinie.

Bien sûr de nombreux premiers nous attendent de l’autre côté de la Manche, d’autres voyages, nos amis, et nos familles.

Mais, même si je sais que je reviendrai rapidement, même si j’ai passé tant de temps me languir de Paris et me plaindre de Londres, même si ça vous dépasse complètement et que vous ne comprenez pas, j’avoue que j’aimerais ne pas être en train de partir. Je suis triste, nous sommes tous les deux tristes. La perspective, bien qu’excitante, de notre nouvelle vie parisienne, ne rend pas le retour moins douloureux, ni ne m’empêche pas d’avoir les larmes aux yeux lorsque vos amis vous disent que vous allez leur manquer. Il est étrange de vivre autant d’émotions fortes au même instant, de sentir en soi cette intense nostalgie, presque un deuil, et le désir impérieux que tout se passe plus vite. Pour ne pas souffrir, avoir moins mal et surtout pour arrêter d’anticiper le manque ou la possible déception.

J’ai adoré et détesté Londres, j’ai si souvent eu envie de fuir. Mais pourtant aujourd’hui, j’ai le cœur lourd à l’idée de quitter cette ville où j’ai été heureuse, en colère et surtout où j’ai tant grandi.

PS : Le blog va continuer à exister sous le meme nom, et subira sûrement un petit “refurbishment”, histoire de commencer les aventures parisiennes sur un bon pied.

Quelques photos de notre thé !

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Last Tango in London

En allant à la Patagonia pour la dernière fois, Gaston et moi nous sommes demandé combien de fois nous y avions diné? Et la reponse est : quasiment une fois par mois, et souvent quand nous avions des visites. Et ca tombe bien, ca fait référence a un article de ce blog sur un livre : L’amant de Patagonie.

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C’est un petit restaurant qui ne paye pas de mine, je dirais même que c’est après avoir ratissé bon nombre de restaurants du quartier que nous en avons franchi le seuil.

Et quelle agréable surprise !

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De la viande argentine délicieuse, une majorité de plats sans gluten à part les empanadas et milanaises, et le must : un barbecue pour 2 avec des morceaux d’agneau, de bœuf, des saucisses argentines. C’est délicieux et parfait pour notre Gaston carnivore ! Si j’avais pu j’aurais essayé tous les plats, à m’en faire mal au ventre tant la viande est bonne et tout fait au menu fait rêver.

Nous n’avons jamais été déçus par la qualité des spécialités, l’accueil chaleureux, l’accent espagnol (¡ ma qué !).
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Et après la bonne bouffe, je crois c’est aussi la decoration qui l’emporte. J’aime beaucoup les rangées de fanions d’équipes nationales, des photos en noir et blanc de Patagonie, une vieille carte de l’Amérique du Sud, des tasses à mate et de la vaisselle sur chaque étagère. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette ambiance n’a pas l’air trop kitsch ou mal fagoté, mais plutôt simple et bon vivant. On se sent un peu comme à la maison sauf qu’il n’y a pas à faire la cuisine et qu’elle est meilleure.

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C’est le cœur lourd, presque brisé, que nous avons commandé notre dernière milanaise bœuf-mozarella-tomate pour Gaston et poisson grillé aux légumes du sud pour moi, conseillés par un serveur enthousiaste et hilare. Sans oublier le dessert, auquel on ne peut pas échapper : une crèpe au dulce de leche pour monsieur et un flan au dulce de leche pour mademoiselle. Vous l’aurez compris le dulce de leche est la spécialité locale.

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Je vous conseille de réserver un peu en avance pour un vendredi ou un samedi, ils ont pas mal de succès.

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Swimming London*

On a mis le temps, peut-être un peu trop, mais nous avons fini par trouver piscine à notre gout à Londres. Gaston a sélectionné une salle de sport avec piscine dans un hôtel chic de la City, pendant que je testais quelques centres de loisir « publics » londoniens.

Mon premier essai fut le Seymour Leisure Centre, du côté de Marylebone, à l’ouest de Baker Street. La piscine était plutôt propre, mais je n’étais pas très à l’aise avec la natation en eaux très peu profondes – les derniers 6 mètres sont spécialement prévus pour les enfants et malheureusement il est ardu de nager le crawl par 50cm de profondeur.

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Marshall Leisure Centre – Swimming Pool

Ensuite j’ai été faire un tour au Talacre Leisure Centre, à côté de la station d’overground Kentish Town West. Pas pour la piscine mais parce qu’ils ont un cours de yoga réputé. La structure est neuve, propre, et accueille des sportifs de tous âges.

Heureusement, une collègue anglaise m’a fait découvrir le Marshall Leisure Centre ! Là j’ai trouvé mon bonheur aquatique. La piscine date des années 1930, avait été fermée puis grâce à d’intenses travaux de rénovation a rouvert, pour mon plus grand plaisir sportif et culturel. Contrairement aux piscines récentes, celles-ci n’est pas recouverte de carrelage microscopique, mais de larges carreaux de marbre, du plus élégant effet.

Malgré ces sympathiques découvertes, je garde tout de même un grand regret : ne jamais avoir essayé la piscine olympique à Stratford et les ponds (bassins en plein air, une sorte de lac dans lesquels la baignade est autorisée). Par exemple, il y a un pond très connu à Hampstead Heath, mais il ne faut pas être frileux, même en été.

*Swinging London

Camden Coffee Shop

Une petite pièce principale désordonnée, de la poussière dans tous les coins, une enseigne craquelée par la pluie : bref, je viens de vous décrire l’échoppe parfaite, celle dans laquelle vous êtes sûrs de me voir rentrer sans réfléchir. Lire la suite