London, le contrat de Confiance

Lorsque nous apprenions à l’école qu’exista un temps – révolu – où chaque jour un pot au lait était déposé au seuil de la maison de vos grands-parents que vous pouviez laisser ce dernier en paix sur le pas de la porte sans risquer de vous le faire chaparder, je regrettais de ne pas avoir pu vivre cette époque. J’étais grisées à l’idée du bruit du broc métallique au passage du laitier, l’odeur du lait frais qui envahit la cuisine lorsqu’on le fait bouillir et la confiance que l’on peut avoir les uns en les autres.

Heureusement, les anglais sont là pour perpétuer certaines traditions! Certes les cruches ancestrales ont laissé place à de petites bouteilles en plastique, le lait est désormais pasteurisé – les britanniques ne boivent pas de lait UHT, qui est à leurs yeux une hérésie sans nom, vous vous exposez à une réaction scandalisée voire au bannissement si vous leur faites l’affront d’accompagner le thé de ce breuvage dépourvu de goût – mais la livraison de produits laitiers perdure. Même à Londres, lieu de passage d’innombrables individus, vous pouvez sans crainte vous faire livrer un matin fruits, légumes, produits frais, magazines, et être assurés qu’ils auront sagement attendu que vous les collectiez le soir. Si vous avez des voisins bien intentionnés, il se peut même qu’ils les déposent sur votre palier.

De nombreux Milkmen, livreurs de lait puis par extension aussi de produits frais, parcourent la ville chaque jour pour servir leur fidèle clientèle au volant de camions spécialement destinés aux arrêts fréquents et disposant d’une extrême facilité de chargement/déchargement – il s’en faut de peu que les produits ne voyagent en fait à l’air libre.IMG_1455

Outre les produits laitiers, il existe aussi des organismes qui offrent des boîtes de fruits et légumes. Par exemple Abel and Cole, qui propose différentes tailles de paniers  maraichers issus de l’agriculture biologique – équivalent des AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) – ainsi que de nombreux autres produits dont de la bière d’abbaye sans gluten.

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Ne lisez pas : Dieu surfe au Pays Basque

Adepte du Pays Basque oblige, je n’ai pas résisté à l’envie de lire ce livre qui a bien failli mettre un terme définitif à ma carrière de lectrice et ruiner ma foi en la littérature contemporaine (non je n’exagère pas… je n’ai pas ouvert un livre d’auteur vivant depuis la lecture désastreuse de ce livre et me cantonne donc, avec satisfaction, à Flaubert et Voltaire).

Au risque de me faire conspuer par les fans de Tatiana de Rosnay et consort, je vous enjoins chers lecteurs de ne pas lire les livres de leur petit protégé, j’ai nommé Harold Corbert et plus particulièrement de son roman Dieu surfe au Pays Basque, paru en 2012.

DSAPB - Harold Corbert

Merci la FNAC pour la photo

Mes arguments sont les suivants :

  • Ce n’est pas parce qu’on a la coupe de Rimbaud qu’on  écrit bien… Loin s’en faut, apparemment. Comme dirait Papy Mougeot : « Mèche rebelle ne cache pas toujours talent réel ».
  • Il y a tromperie sur la marchandise : toutes les biographies que l’on trouve sur Internet le décrivent comme un docteur en littérature, spécialiste de Mirabeau. Mais le jeune homme est incapable de construire une phrase qui contienne plus de 10 mots, et soit exempte de jurons.
  • Il utilise le Pays Basque pour appâter le chaland et n’en parle presque pas.
  • Il raconte une histoire particulièrement intime (la fausse-couche de sa femme) et se met donc dans une position inattaquable – je ne vais pas commencer à me gausser du malheur des autres ??? – ce qui est exaspérant pour le lecteur qui est non seulement mal à l’aise au milieu de ce déballage intime et irrité par la culpabilité qu’il ressent lorsqu’il pense que malgré tout le sujet est mal traité.
  • Son récit est constellé de « textos » ridicules datant de sa rencontre avec sa femme. Je ne suis pas averse à l’insertion de références aux technologies et techniques en usage à l’époque du récit, mais il faut savoir raison garder et n’en point abuser…

Bref, Dieu surfe au Pays Basque était prometteur (au moins le titre) mais fut une large perte de temps. Si c’est comme ça, et bien que les vacances soient terminées, c’est moi qui vais aller surfer un coup au pays basque.

Back!

Après quelques semaines de silence, les tribulations londoniennes sont de retour en version zen, bronzée et revigorée.

Au programme de ce début d’année académique, « pourquoi ne faut-il pas lire Harold Cobert? », « le milkman existe-t-il toujours? », « la définition du mot Argosser » et encore beaucoup d’autres choses.

Bonne rentrée à tous ceux qui reprennent courageusement le travail, et bonne fin de vacances aux autres, profitez bien du soleil !