La Mécanique du Coeur de Mathias Malzieu

Un certain Charlatan avait, à l’occasion d’un de mes fréquents retours à Paris, commandé  pour sa femme Le plus petit baiser jamais recensé écrit par Mathias Malzieu.

Mathias Malzieu - Le plus petit baiser jamais recensé

Le plus petit baiser jamais recensé

La FNAC est le passage obligé (parfois récurrent au cours d’un même week-end) de toute escapade parisienne. Une entrée dans une des filiales est toujours justifiée avec une excuse plus ou moins valable: « C’est pas moi, mais truc m’a dit que ce bouquin est top », Si ta mère ne m’avait pas fait découvrir le premier livre de bidule, nous n’en serions pas à acheter les 10 suivants aujourd’hui », « Il n’y a pas de bibliothèque municipale francophone en bas de chez nous, il faut bien que quelqu’un y remédie », « Là sérieusement, c’est pour ton pote machin qu’on y va ». En résumé, c’est un peu mon paradis terrestre: après avoir retourné les rayons littérature française, littérature étrangère, psychologie/psychanalyse et théâtre, je fonce vers les disques, mets quelques DVD dans le panier et ne manque jamais de jeter un coup d’œil (néophyte, certes) aux BD histoire de voir si je ne reconnais pas un ou deux noms parmi les nouveautés.

Bref, fermons cette parenthèse (qui pourrait se transformer en plaidoyer pour le temple moderne de la consommation de bien culturels) et retournons à nos moutons. Le Charlatan a passé sa commande et une mission commence à la FNAC Montparnasse.

J’ai pu constater que la mission fut très rapide, et une fois expédiée je me suis dit: à mon tour. Histoire de ne pas trop copier, et aussi de doubler le nombre de livre que nous pourrions échanger, je suis repartie avec La Mécanique du coeur, toujours du même auteur.

La Mécanique du coeur

La Mécanique du coeur

Et me voici lancée dans la lecture d’un conte ou plutôt une fable dont le héros est d’autant plus réel qu’il est aussi fantastique.

C’est « le jour le plus froid du monde » que Jack vient au monde. La température est si basse que son cœur microscopique gèle et ne résiste pas à la morsure du froid. Pour le faire survivre, Madeleine, le docteur en haut de la montagne qui soigne les rebus de la société, greffe une horloge à son cœur. Deux aiguilles sortent de son thorax et un coucou chante la sérénade quand bon lui semble.

Mais il y a des règles à suivre pour ne pas dérégler son cœur. Ne pas tomber amoureux en est une. Pourtant, vient le jour où Jack est ébloui par une petite chanteuse qui a perdu ses lunettes et se cogne partout.

S’en suit un long périple et une réflexion sur l’amour dans tous ses états.

Cette petite perle de livre est émaillée de métaphores belles à croquer, de charmantes et magiques combinaisons de noms et épithètes que seul semble capable d’imaginer le chanteur du groupe Dionysos.

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La Liste de mes envies…

… est un livre de Grégoire Delacourt.

Qui se lit vite, tellement que je dirais presque qu’il se dévore.

Le style est facile mais pas bâclé. Et l’histoire vous parlera aisément. La femme dont il est question (Jo) est petite et ronde, attachée à son existence comme à une vieille habitude, et aussi parce qu’elle sait que l’herbe n’est pas vraiment plus verte dans l’enclos d’à côté. Oui, vous avez bien lu enclos.  Parce que sa vie me semble trop petite pour être un pré.

Soudain, les vents tournent et la chance s’intéresse à elle mais elle n’est pas sûre d’éprouver un sentiment réciproque.

La force et la faiblesse du livre c’est cette femme qui est dans la moyenne (son corps, sa mercerie, son mari, ses enfants, son estime d’elle-même) à part la peur de perdre ce qu’elle a et dont elle connait la valeur pour ce qui pourrait ne pas être aussi bien.

Un bon moment de lecture que cette fable sur l’insatisfaction et la convoitise. Et le portrait d’une femme dont on souhaite pendant tout le livre qu’elle reste telle quelle.

Ile de Wight

Premier rayon de soleil du week-end

Pour ce premier article de mes aventures en Grande-Bretagne, commencons par un périple pascal sur l’ile de Wight.

Comme dirait un de mes amis, « c’est bien l’île de Wight, mais tout de même ça parait assez hostile ».

Et comme dans toute généralisation, il y a du vrai et du faux. Pour ce qui est du vrai, le thermomètre était en grève (il n’y a pas qu’à la poste – anglaise, nous en reparlerons – que cela arrive) et malgré plusieurs heures de marche quotidiennes nous avons eu très froid. Mais cela fut sans regret, car d’après les informations maternelles, à Paris il faisait un froid de gueux aussi.

Dans de telles circonstances, rien de tel qu’un bon gueuleton. Mais là, surprise, tous les restaurants du village étaient pleins à craquer et n’acceptaient plus de réservations. Solution le pub pour un homard et un crabe.

Pour le reste et donc les caractéristiques non-hostiles de l’île, les paysages sont splendides et sauvages. Le chemin des douaniers fait le tour de l’île quasiment sans interruption traversant parfois des criques telles Steephill Cove, qui porte bien son nom puisque le chemin qui permet d’y accéder est pour le moins pentu, ou longeant des falaises escarpées. A part dans les villes côtières très touristiques, on rencontre peu de bâtisses  bétonnées et disgracieuses.

Vu que nous logions à Ventnor, dans un charmant studio dont les propriétaires nous ont accueillis avec une fiole de porto (!!!), nous n’avions d’autre choix que de faire une visite au jardin botanique. J’avais gardé un souvenir ému et coloré des jardins des îles Borromée sur le lac Majeur en Italie et d’après les guides touristiques, l’île de Wight aurait peu à envier à ses homologues italiens donc je m’attendais à un feu d’artifice floral.

C’était sans compter sur le pire hiver du siècle, non je n’exagère pas c’est bien ainsi que je l’ai ressenti. Bref, adieu rêves de jardins multicolores, il fallut trouver refuge dans la serre : seul endroit où la température excédait 2°C.

Exotic Garden